Mais au final, qui suis-je ?

Laurent 5 avril 2012 11

C’est vrai, à part cette toute petite présentation en bas du blog, je ne vous ai pas vraiment livré beaucoup de choses sur moi et je pense qu’il est temps de corriger cette erreur. Après tout, qui suis-je pour donner des conseils ?

Un faux départ

Comme beaucoup de personnes, je suis parti du mauvais pied avec mes finances personnelles. Pour tout vous dire ça a commencé assez tôt. Après le bac, sans réelle orientation professionnelle, j’ai enchainé les petits boulots, je vivais bien au-dessus de mes moyens et forcément, j’étais le meilleur abonné aux dettes et aux découverts.

Fainéant, au bout de 2 ans, je n’avais toujours pas de diplôme, pas d’argent, pas de perspectives d’avenir, je passais mon temps à me plaindre et à pester contre ceux qui réussissaient.

Puis vint le coup de pied au cul tant attendu !

C’est un père de famille qui m’a ouvert les yeux. Ce dernier a pris le temps de m’expliquer à quel point je faisais fausse route, que pour réussir il faut du courage, de la persévérance, prendre des risques et que la réussite il faut aller la chercher. Au début j’ai rigolé, beaucoup…mais pas longtemps. Lui avait réussi en partant de rien, moi j’avais tout eu et je n’en avais rien fait. Ça fait réfléchir…

Le plan d’attaque

J’ai donc mis en place plan d’action en trois parties: Un,  je reprends des études. Deux, je trouve un job. Trois, j’assainis mes finances.

Pendant deux ans, j’ai suivi point par point ma roadmap. En parallèle de mes cours, j’ai accepté tous les petits boulots possibles: déménageur, manutentionnaire, employé au Mc Donalds, pizzaïolo, ouvrier d’usine et d’ abattoir…Je n’ai reculé devant aucun obstacle. Malheureusement, ce n’était pas suffisant pour espérer un job solide, je devais viser plus haut.

J’ai donc décidé de poursuivre mes études sur Paris et d’intégrer une école de commerce. Mais au-delà de cette première victoire, le vrai challenge commençait. J’ai emprunté 16 000 euros pour couvrir un peu plus de 2 ans frais de scolarité sur 3, et comme je n’avais pas la possibilité d’emprunter plus pour vivre sur Paris, j’ai dû créer un système pour joindre les deux bouts.

Quand on n’a pas d’argent, on a des idées !

La première chose que j’ai appris, c’est que pour s’en sortir, il faut savoir compter. Je gagnais à peine plus de 500€ par mois grâce à un job le week-end et avec cette somme, je devais:

- Voyager jusqu’à Paris en train tous les jours

- Me déplacer en métro jusqu’à l’école

- Me nourrir le midi

- Payer tous les autres frais annexes (assurance voiture, essence, fournitures scolaires…)

Le premier calcul que j’ai fait était de savoir si oui ou non je payais mon billet de train au quotidien. En gros, est-ce que voyager sans billets me revenais moins cher que les amendes ? La réponse est oui ! Pour la nourriture, c’est moins compliqué, on peut facilement déjeuner convenablement pour à peine 3 euros par jour. J’ai limité mes frais au strict minimum (pas de téléphone, pas de sorties, pas de cadeaux…), et avec un peu de système D et quelques hébergements par-ci par-là, j’ai tenu un an.

Le salut est arrivé la seconde année avec l’ouverture de l’apprentissage. Cela signifiait que si j’intégrais une entreprise à mi-temps, cette dernière prendrait en charge mes frais de scolarité et en plus elle me verserait un salaire. Manque de chance, n’ayant pas de logement sur Paris, les entreprises démarchées m’ont toutes fermées leurs portes les unes après les autres. Comment faire ? Demander de l’aide !

L’apprentissage du réseau

L’une des premières choses que l’on vous apprend en école de commerce, c’est l’importance du réseau. En effet, nous sommes tous connectés les uns aux autres, alors, pour trouver une solution à un problème, il suffit juste de poser les bonnes questions aux bonnes personnes.

J’ai donc fait appel à tous mes amis, ces derniers ont contacté tous leurs amis, qui ont contactés tous les amis. Résultat ? Un poste de disponible dans le marketing à deux heures du sud de Paris. Certes, c’était loin, mais c’était ma seule opportunité concrète et j’étais prêt à faire ce sacrifice pour atteindre mon objectif.

La société a donc remboursé les frais de scolarité pour la seconde année et a payé la troisième. Il me restait encore 11 000 euros d’emprunt mais avec un salaire à 80% du Smic et des frais limités à leur minimum, j’arrivais enfin à mettre de l’argent de côté ! A la fin de mes études, il me restait encore 9 000 euros à rembourser, mais avec mon diplôme en poche, l’avenir était déjà plus positif !

Mon premier vrai job !

J’ai quitté mon poste dans le marketing à la fin de mes études. La décision fut difficile à prendre mais avec 4 heures de trajets par jour, j’étais sur les rotules et il fallait que je me rapproche de Paris. Après 4 mois de recherches, j’étais toujours au chômage et je commençais à désespérer.

Il était temps pour moi de faire appel une seconde fois à mon réseau. Ainsi, en moins de deux semaines, je trouvais un CDI de commercial sur La Défense, avec un salaire confortable. Une preuve supplémentaire qu’avec un réseau bien construit, on peut facilement rebondir.

Et maintenant ? Je suis sur Lille. J’ai changé 4 fois de job en 4 ans, (tout ça de manière volontaire et maitrisée je vous rassure), j’ai capitalisé sur une expérience et des compétences solides qui me permettent aujourd’hui de me fixer sur un poste qui me plait et sur lequel je souhaite évoluer. Un travail salarié comme objectif final ? Non bien sur, j’ai une âme d’entrepreneur comme vous tous, mais je fais les choses étapes par étapes (à tort ?). Et le blog dans tout ça ?

Pourquoi Riche Avenir ?

Pour conclure, toute cette histoire se termine par mon blog. Pourquoi ? Pour deux raisons:

La première est que j’ai réussi à atteindre mon objectif qui était de trouver un job conforme à mes attentes et d’assainir mes finances. En fait, j’ai même été plus loin car j’ai mis en place un système financier qui me permettait d’épargner parfois plus de la moitié de mon salaire par mois. Pour preuve, en moins d’un an, j’avais remboursé mes 9 000 euros d’emprunt.

La seconde raison découle de la première. Lorsque vous êtes capable d’épargner tous les mois une somme fixe et que vous développez votre capital, que faut-il en faire ? C’est la question que je me suis posé. Je fais quoi de mon argent maintenant ? Lorsque vous n’avez pas de culture financière, il vous faut apprendre, mais ce n’est pas toujours facile de garder le cap. Ce blog est avant tout le reflet de mes questions, de mes découvertes et de mes rencontres. Mais c’est surtout le meilleur moyen pour m’obliger à apprendre et à faire les bons choix en matière d’investissements.

C’est grâce aux échanges issus de ce blog que je bâtis jour après jour le début de mon indépendance financière.

Voilà, le quart d’heure « tranche de vie » prend fin, vous en savez déjà un peu plus sur moi.

À très vite,

Laurent

11 Commentaires »

  1. florentM 5 avril 2012 at 9 h 01 min - Reply

    Comme quoi, même en ayant bu quelques bières avec toi j’en apprend encore sur ton courageux parcours.

    • Laurent 5 avril 2012 at 9 h 27 min - Reply

      Mais non, le vrai courage c’est de courir pendant plus de 16 heures !

  2. Xavier 5 avril 2012 at 9 h 02 min - Reply

    Eh bien moi j’aime beaucoup ce genre d’articles ! Merci pour la confidence ;)

    • Laurent 5 avril 2012 at 9 h 28 min - Reply

      Merci Xavier ! J’avoue que j’ai eu du mal à écrire l’article. J’avais peur que ça fasse trop tranche de vie/plaignez-moi !

  3. Pierre-Antoine 10 avril 2012 at 9 h 47 min - Reply

    Salut Laurent,

    Je viens de lire ton article et je te confirme que c’est sympa d’en apprendre plus sur toi.

    Personnellement, je vais rentrer dans la phase apprentissage pendant laquelle je compte commencer à rembourser également mon emprunt d’école de commerce ;)

    Bonne journée,

    Pierre-Antoine

  4. Jérémy 4 mai 2012 at 7 h 44 min - Reply

    Salut Laurent,

    Je découvre ton blog via un commentaire que tu as laissé sur le mien. D’habitude, je lis assez peu les blogs de finances perso, qui ont tendance à ressasser un peu toujours les mêmes conseils, mais là je dois dire que j’aime beaucoup le tien. Tes articles sont bien écrits, on sent que tu prends du plaisir à partager tes idées, et du coup on en prend aussi à te lire (et du coup ça fait 20min que je passe de page en page :D ).

    Concernant cet article en particulier, c’est sympa de t’être livré autant sur ton parcours. D’ailleurs, c’est vraiment intéressant de voir qu’on a tous besoin d’un coup de pied au cul, d’un élément déclencheur dans nos vies, pour se décider à se remettre dans le droit chemin et avancer. Je ne pense pas avoir déjà vu quelqu’un changer radicalement de vie sans avoir eu ce genre de déclic.

    Merci pour ce blog de qualité et bonne continuation à toi !

    A bientôt,

    Jérémy

    • Laurent 4 mai 2012 at 8 h 19 min - Reply

      Bonjour Jérémy,

      Merci beaucoup pour ton message, et tes encouragements. Effectivement, je pense qu’un bon coup pied aux fesses permet parfois de remettre de l’ordre dans ses idées et prendre le bon chemin. Tout au long de notre vie on a besoin de différents déclencheurs pour avancer, à nous de savoir saisir les opportunités par la suite ;-)

  5. Cédric 4 mai 2012 at 15 h 58 min - Reply

    C’est bien écrit et ça montre que la volonté de dépasser les obstacles fait trouver des solutions !

    Bravo et bonne continuation

  6. richard@palettes de déstockage 16 décembre 2012 at 9 h 51 min - Reply

    Bonjour, bravo pour votre parcours et votre persévérance. Merci pour vos articles qui sont d’une aide appréciable, et même, si ce type de conseil n’est pas novateur et peut se retrouver en maints endroits, vous savez y apporter un juste ton, c’est rafraîchissant ! Richard

  7. Phillipe 1 janvier 2013 at 14 h 13 min - Reply

    Félicitation pour ton parcours pleine d’embûche certes mais encore une fois on voit que l’alternance à montrer son chemin et t’a ouvert des portes.
    j’ai aussi fait le choix de l’alternance et cela m’a plutôt réussi aussi ;)

    • Laurent 7 janvier 2013 at 16 h 43 min - Reply

      Merci pour tes félicitations Philippe. Il est clair que l’alternance est un excellent moyen pour intégrer le monde professionnel. Je pense malgré tout que le réseau est un levier encore plus puissant !

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